Portrait de Laurence, Consultante indépendante

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Laurence a un profil atypique car elle s’est lancée à son compte il y a 20 ans : elle avait alors 26 ans, 2 enfants en bas âge et pas de moyen. Elle a donc construit toute sa carrière en tant qu’indépendante, à une époque où l’externalisation était peu pratiquée par les entreprises. Retour sur son histoire et son expérience.

Pourquoi devenir indépendante ? 


Je m’étais toujours dit que je créerais une boite à 40 ans. Mais finalement je l’ai fait avant, simplement avec mon diplôme en ressources humaines et quelques années comme salariée. En fait le déclencheur a été un bilan de compétences, il a montré que j’avais un tempérament de créateur, le besoin d’être à mon compte. Je ne voulais rendre des comptes qu’à mes clients.

Même si le parcours n’a pas toujours été simple, je ne l’ai jamais regretté. Par exemple la crise de 2008 qui a été assez dure à passer, j’ai même réfléchi à redevenir salariée mais j’ai persévéré comme indépendante et heureusement.

Comment se lancer comme consultante indépendante ? 


Je suis en EURL depuis le début et très tôt j’ai compris qu’il fallait que je me rapproche de gros réseaux (notamment CPME et femmes chefs d’entreprises). Je n’avais pas travaillé assez longtemps à l’époque pour avoir le droit au chômage, donc il fallait donc que je trouve rapidement des clients. Devenir solopreneur ne demande pas un gros investissement : j’ai sollicité un prêt d’honneur et je me suis lancée. J’ai eu la chance de démarrer rapidement avec un premier client, un gros dossier qui m’a occupé plusieurs mois et m’a permis de faire une première référence ; C’était le groupe LA POSTE et ils sont restés client pendant 10 ans.

C'est quoi être consultante indépendante ? 


C’est avoir la responsabilité pleine et entière, à la fois de ce que l’on fait chez le client, mais aussi de sa propre entreprise (son chiffre et donc son salaire). C’est aussi accompagner les entreprises en faisant du sur-mesure.

Par exemple je suis DRH en temps partagé depuis 3 ans dans une entreprise (laboratoire de phyto thérapie), c’est extraordinaire de se dire qu’ils me considèrent comme un membre de l’équipe alors que je suis prestataire. C’est à mon avis la force du consultant indépendant : savoir se fondre dans les équipes, tout en gardant son autonomie. On apporte un œil neuf, on peut se permettre de dire certaines choses au client, mêmes difficiles, ce que ne se permettrait pas forcément un DRH salarié. Quelques fois on prend un risque mais c’est à mon avis ce que recherchent les dirigeants.

Il y a aussi un lien très fort qui se créé avec mes clients, je m’attache beaucoup aux dirigeants comme aux équipes, … il est fréquent que quelqu’un qui aurait du mal à parler d’un sujet avec son chef m’appelle. En PME, je ne pense pas qu’un DRH en interne puisse avoir ce rôle de confident aussi ouvertement.

Des conseils pour démarrer comme consultant ou formateur indépendant ?


Être bien entouré, et pour cela évitez de travailler avec des proches (banque, comptable, …). Ils pourraient manquer de recul pour vous conseiller.

Ne restez pas isolés, participez à des événements, à des réseaux, en trouvant la bonne mesure (ne mobilisez que le temps nécessaire au réseautage : il faut garder du temps pour son entreprise) … Ne pensez pas seulement à aller chercher « du chiffre », mais aussi à apprendre (la plupart des réseaux proposent des formations, des échanges avec les plus expérimentés), à rester en veille permanente sur votre métier.

Evitez les prestations toutes faites, privilégiez une approche sur-mesure, qui s’adapte aux besoins du client. Profitez de la variété d’offres que propose l’indépendance, par exemple je réalise des prestations à l’année comme DRH en temps partagé, mais aussi du conseil RH ponctuel plus de la formation. Profitez aussi de la diversité des clients et des missions que propose ce mode de travail. Moi c’est ce qui me passionne depuis 20 ans. Je travaille pour de très grands groupes (où j’interviens en appui du DRH en place ou en tant que DRH à temps partagé pour leurs filiales) à des PME de 10 ou 15 personnes (où je vais tout faire, de l’administratif RH et de la gestion de dossiers par exemple et de l’appui stratégique RH auprès des dirigeants).

Enfin, évitez tout complexe d’infériorité. Quand vous vous adressez à votre client, un dirigeant d’entreprise, vous lui parlez d’égal à égal, « de patron à patron ». Vous aussi vous payez des charges sociales, vous savez ce que c’est que faire son bilan, avoir la TVA et l’URSSAF à payer …

Emmanuel

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